Nota Bene.

Samedi 2 janvier 2015,

Toutes les deux, mieux vous connaître, partager chaque mardi soir avec vous, être soutenue dans mes difficultés, rire et se plaindre ensemble, partager un verre, un dîner, un peu d’amour familial… quel bonheur, quelle découverte !
Je vous adore, je suis fière d’être des vôtres. Je suis fière de partager ce dîner hebdomadaire en votre compagnie, et ces quelques sorties pour mieux connaître la capitale.
J’écrirai plus sur vous dès mardi. J’ai besoin de vous voir avant. En attendant,  je vous aime très fortement.

L’angoisse

image

Samedi 2 janvier 2016,

Retourner là-bas. Pour quoi faire ? Souffrir des règles sottes de l’entreprise ? Subir de force une solitude encore plus grande ? Affronter des rivaux intellectuellement mille fois plus grands ?
Je ne veux pas, mais je dois : c’est l’Angoisse.

La face cachée de la petite matriochka

image

Vendredi 1er janvier 2016,

Pourquoi m’a-t-elle choisie ? A-t-elle conscience de la voie, du chemin sur lequel elle s’est engagée ? D’autres ont essayé et ont fini par basculer et tout plaquer. Et j’ai été profondément blessée, affectée. Mais j’ai compris, j’ai compris leur peur à la découverte de ma vraie nature. J’ai compris leur abandon pour se protéger. Je pensais qu’ils étaient plus forts, plus grands que les autres pour affronter mon côté obscure. Mais je me suis trompée. Ils ont fui sans prévenir, et c’est ce qui m’a bouleversée, ce qui m’a déçue. J’aurais compris s’ils me l’avaient dit, moi qui pensais justement qu’ils étaient capables d’un grand courage. Les gens n’ont peut-être plus besoin de cette force pour exister en fin de compte. Je devrais peut-être en faire autant, mais c’est plus fort que moi.

Sera-t-elle de ceux qui adhèrent – peu nombreux soient-ils – ou de ceux qui fuient ? J’ai très peur qu’elle opte également pour la deuxième possibilité par crainte de découvrir la folie qui se cache en moi. Elle sera peut-être celle qui m’enverra aux soins, j’ai peur de la lobotomie. Je veux rester torturée ou guérir par la paix du discours posé, non par la violence cérébrale.

Résolutions pour l’année 2016

Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre. Vivre.
Chaque jour.

Lettre à Framboise Brune

Laissez aller la tendresse, la douceur, les émotions et les sentiments. N’ayez crainte, vous aussi vous êtes humaine. Vous êtes aujourd’hui une humaine magnifique, et magnifiquement humaine vous serez demain si vous vous libérez. Il vous aime et sera toujours fier de vous. Vous êtes le fruit de son accomplissement, il ne peut donc en être autrement. Il l’était aussi humain, c’est vrai, dur, mais humain. Il est fier de vous. Réconciliation, courage, détermination, affrontement, …, soulagement, vie, philosophie.

Bohème

P1020054.JPG

Mercredi 30 décembre 2015,

Mon grand-père était un être exceptionnel. Je ne me remets pas de sa perte. Chaque élément qui me ramène à lui m’entraîne dans une terrible peine lorsque le moment sollicité s’accompagne d’une vive émotion préalable.

Le dernier en date était mon anniversaire, enfin le jour où l’on a fêté mon anniversaire, le 19 décembre dernier. Maman a composé un album photo dans lequel elle a disposé sur la première page plusieurs photographies dont une avec papi. L’émotion n’a pas pu être retenue : je me suis effondrée. Pourquoi n’était-il pas là pour ce moment merveilleux ? Il méritait plus que n’importe qui cette vie dont on bénéficie encore, nous terriens. Je dis terriens car on dit que les morts vont au ciel, notamment dans la religion chrétienne, les disparus verraient leur âme être pesée pour aller au paradis ou en enfer. Y a-t-il vraiment deux mondes bien distincts comme cela ? Je n’en suis pas sûre… En revanche, il semblerait qu’il y ait quelque chose après la mort. J’y crois. Et si c’est le cas j’espère que c’est un endroit où il fait bon vivre.

Donc papi me manque beaucoup, il suffit d’une chanson, d’une image, d’une nouvelle histoire pour me rendre très triste. J’ai tellement de mal à accepter qu’il ne soit plus là et le fait que je ne pourrai plus partager de nouvelles aventures avec lui. Je me souviens de notre voyage en Espagne, rien que tous les deux… c’était génial.

J’espère le revoir un jour. J’espère toujours au fond de moi qu’il n’est pas si loin et qu’il veille sur nous, qu’on pourra communiquer à nouveau ensemble un jour.

Sa perte a été réellement difficile pour nous tous. Je crois qu’elle a provoqué une cassure en chacun d’entre nous. Mon beau-père a perdu le seul repère supérieur qu’il lui restait, et on ne peut plus aujourd’hui faire appel à une instance au-dessus pour l’aider dans les phases d’instabilité et de difficulté émotionnelle. C’est très compliqué à gérer même si c’est plus rare qu’avant. J’aimerais être débarrassée de ces peurs à jamais. Si le ciel m’entendait, si seulement il nous entendait avec maman. Je ne suis pas convaincue par Dieu, Jésus et les autres, mais si une instance supérieure existe, je lui prie de nous aider. Et aussi, vraiment, d’aider tous ces gens démunis qui essaient de se battre quotidiennement pour s’en sortir un minimum. Aidez-les s’il vous plaît. Je donnerai mon paquet de gâteaux au SDF en bas de chez moi, c’est promis je le ferai, je n’hésiterai plus, je vaincrai ma peur.

Aidez s’il vous plaît les personnes torturées dont je fais partie, mais aidez moi en dernière. Aidez-la, elle est blessée, elle est brisée, elle doute beaucoup, beaucoup trop, et c’est pourtant quelqu’un de très bien. Sa confiance est si importante pour moi. Aidez-la à trouver la sérénité, aidez-la à aller mieux, s’il vous plaît. Aidez cette femme à se sentir complète, aidez-la à recoller les morceaux. J’aimerais jouer votre rôle pour aider quelques individus, mais ne faudrait-il pas que je sois moi-même en phase avec mon être avant de réaliser cela ? J’aimerais l’aider, j’aimerais laisser intervenir cette chose qui fait de moi quelqu’un de très vieux alors que je viens d’être majeure. Pouuu, majeure, vous entendez cela ? Je me sens encore plus seule que jamais, seule responsable de mes décisions et de mes actes, seule face au monde, seule à devoir assumer, et peut-être seule pour toujours. Pourtant j’ai envie de continuer avec les gens, j’ai même envie de complètement m’investir pour les aider à aller mieux, cela m’aiderait à me réconcilier avec moi-même tout en leur apportant un plus comme ils me l’apportent déjà par leur présence dans ma vie et leur confiance. Elle en est encore l’exemple parfait. Elle a accompli le passage de maître à pair, de professeure à amie, c’est une étape cruciale et risquée, mais je l’ai reçue parce qu’il y avait une certaine symbiose, une unique symbiose qui m’a touchée. Cette femme m’a profondément touchée.

Le blouson de cuir

Mardi 29 décembre 2015,

Elle va m’obséder. J’ai besoin de la comprendre. Je veux crier que je suis là pour l’écouter. Elle le sait. Mais je ne suis pas à l’aise. Elle m’impressionne bien trop. Je serais pourtant prête à me livrer entièrement à elle. Je n’ai juste pas encore la certitude qu’elle comprenne ne serait-ce qu’une petite part de moi. Je suis trop perturbée. Je vous accorde mon être, vous êtes mon maître.

Mercredi 30 décembre 2015, 01h01,

C’est juste que ça fait trop longtemps que les choses ne me plaisent pas ou du moins pas assez, et je veux que ça change. Je veux me tourner vers le futur, je veux rencontrer des gens qui me feront grandir encore un peu plus, je veux vivre. Je veux vivre pour mieux noircir ma page, pour avoir des tonnes de choses extraordinaires à raconter.

La chevelure

DSC_1047

Mardi 29 décembre 2015,

Je la vois, elle m’apporte un grand format de celle que je préfère parmi les trois qu’elle a retenues. C’est une façon de se faire pardonner d’avoir annuler peut-être, ou c’est tout simplement et purement par gentillesse et pour me faire plaisir. L’image est belle, pas moi dessus, cela je m’en contrefiche, mais l’esprit est noir, subtile, démoniaque, un peu, beaucoup comme moi finalement. J’adore. Elle est ainsi elle aussi, et je crois qu’elle a perçu cette part sombre chez moi, ce caractère blessé à jamais, mais qui renforce, plus que n’importe quoi d’autre. Je tiens grâce à lui, je souffre et j’en tire beaucoup de bien. Cela peut paraître fou, je sais.

Donc elle est restée boire un café, discuter. J’étais là, je l’écoutais parler de son métier, très éblouie et très admirative. J’ai alors appris quelques anecdotes sur certains qui étaient de mes proches avant. Tout cela m’a rappelé des souvenirs du lycée et m’a paru aussi très brut. Brut dans le sens où elle a clairement choisi de ne pas s’attacher à eux car elle estime devoir faire son travail et non celui des parents. Je suis complètement de son avis, mais quand elle en parle elle le dit très franchement, sans peur de froisser son interlocuteur et sans crainte d’être confrontée à des opposants à ce sujet. C’est ce qui fait sa sympathie, sa simplicité et son accessibilité selon maman. En tout cas, elle est restée à la maison plus longtemps que prévu et rien que pour cela j’ai senti qu’elle y était bien, ça m’a réconfortée. J’apprécie beaucoup son côté torturé. On sent juste par sa présence qu’elle porte avec elle un lourd bagage plein de tristesse, de colère et d’incompréhension de la vie. Je veux dire par là que c’est sûrement quelqu’un qui a vécu des moments très durs, j’en suis même sûre d’après ce qu’elle raconte (et je pense qu’elle ne dit rien face à tout ce qu’elle a connu). D’ailleurs, on retrouve pleinement cette souffrance dans son art, les couleurs sont sombres, elle retouche ses oeuvres sur lesquelles les personnages et les éléments n’ont pas d’expression. Ceci leur donne tout leur charme, on se questionne sur la nature de ce qu’elle souhaite transmettre par leur contenu. Tout est noir et blanc, presque tout. C’est dingue qu’il existe des gens décalés comme moi. C’est dingue d’être torturé parmi les torturés.

J’ai l’impression que personne ne nous comprend, que personne parmi les « normaux » ne saurait déceler un dixième de ce qui nous passe par la tête. Des envies d’en finir, mais une lueur qui nous rattrape à chaque instant, des tortures de cerveau qui sont présentes en permanence, un déni de la vie humaine par dessus tout et pourtant une insaisissable obsession pour celle-ci, une peur panique de tout, comblée par un sentiment de splendeur et une sorte de confiance dominante, une attirance pour nos pairs, une sorte de vampirisme assoiffé, un attrait pour les éléments de la mort (fantômes, squelettes, crânes, poupées, roses, rouge, noir, ombres,…), mais aussi un très étrange souci de la femme dans toutes ses dimensions, et de l’amour qui blesse plus qu’il nous fait apprécier le monde.

Alors elle habite ce domaine non loin d’ici, composé de plusieurs bâtisses et dont l’une offre une salle agrémentée de tout un équipement typique à son activité. Je suis folle, certes, car j’ai cherché, le lieu a l’air charmant, et correspond à cette dimension perdue, à cette pointe de noblesse et à cette faille interne à l’humaine.

Et ses photos, que dire, elles sont d’une splendeur indéfinissable, effrayante, glaçante et tellement palpitante, excitante. C’est magnifique. C’est magnifique. Vraiment magnifique.

Je ne comprends que très peu ce qui m’attire, elle est particulière, toute particulière, j’ai une admiration démesurée pour ce qu’elle est et ce qu’elle fait alors qu’au fond c’est quelqu’un de très dur intérieurement, de blessée, mais cela la rend tellement tellement forte. C’est indéfinissable. C’est juste singulier. C’est juste merveilleux, je n’ai rencontré aucune personne auparavant qui, tout en m’attirant, pouvait provoquer ce sentiment d’égale longueur d’onde dans la façon de percevoir la vie… Je suis pourtant si jeune, mais je ne saurais expliquer ce truc interne qui me rend si vieille, et qui me permet de comparer mon être et ma torture à celle de cette personne si admirable. Son visage unique, sa bouche si fine et si grande pourtant, ce sourire si sincère tellement il se fait rare, cette carrure grande avec de si fines jambes, et ses cheveux si fins, peu nombreux et toujours placés sur le côté de son visage, accompagnés de ce geste qui les dépose lorsqu’ils tenteraient de s’échapper. Sa personnalité transparaît de façon très claire à travers son corps.

Je crois avoir fait l’une des rencontres les plus importantes de ma vie. Je dois, je me dois d’entretenir cette relation si singulière. Je le souhaite au plus profond de mon être, puisqu’elle est réellement un vrai mystère habité, une énigme.